Préparer un CAP en apprentissage, c’est suivre le même diplôme de niveau 3 que dans un lycée professionnel, mais en alternant l’entreprise et un centre de formation d’apprentis. Le cycle normal dure deux ans, avec au moins 800 heures en CFA, ou 400 heures si le contrat est ramené à un an. Près de 200 spécialités existent, du cuir à la bijouterie.
Un CAP en apprentissage n’est pas un diplôme au rabais ni un diplôme différent. C’est le même certificat d’aptitude professionnelle, délivré par l’Éducation nationale, que l’on prépare en travaillant. L’apprenti passe une partie de son temps chez un employeur et l’autre dans un centre de formation.
Ce carnet explique le fonctionnement d’après les textes officiels. Nous ne sommes ni un CFA ni un établissement : nous ne recevons aucune candidature et ne proposons aucun poste. Pour s’inscrire, il faut s’adresser aux centres de formation et aux employeurs eux-mêmes.
Qu’est-ce qu’un CAP, et à quel niveau se situe-t-il ?
Le CAP, certificat d’aptitude professionnelle, offre un premier niveau de qualification pour entrer rapidement dans la vie active. Il se prépare en deux ans après la troisième. Selon le portail Mon parcours handicap, il existe près de 200 spécialités de CAP, qui couvrent aussi bien le travail du cuir que la bijouterie, la cuisine ou la maintenance.
Dans la nomenclature des niveaux de qualification, le CAP se situe au niveau 3. Les fiches du répertoire national des certifications professionnelles le précisent diplôme par diplôme, avec l’Éducation nationale pour certificateur.
Le diplôme se prépare dans un lycée professionnel ou dans un centre de formation d’apprentis. Il peut aussi se préparer en formation continue. Le Code de l’éducation prévoit en outre la préparation à distance, et une partie de la formation peut se dérouler à l’étranger selon une convention.
Lycée professionnel ou CFA : ce qui change réellement
Le diplôme final est le même, mais le quotidien diffère. L’élève de lycée professionnel est sous statut scolaire et alterne cours et périodes de stage. L’apprenti est lié à un employeur par un contrat et suit ses cours dans un CFA.
| Point de comparaison | Lycée professionnel | Apprentissage en CFA |
|---|---|---|
| Statut | Élève | Apprenti, lié à un employeur par un contrat |
| Durée normale du cycle | 2 ans | 2 ans, avec au moins 800 heures en CFA |
| Temps en entreprise | Périodes de formation en milieu professionnel | L’essentiel du temps, en alternance avec les cours |
| Évaluation | Contrôle en cours de formation si l’établissement est public ou sous contrat | Contrôle en cours de formation si le CFA est habilité, sinon épreuves ponctuelles |
| Diplôme obtenu | Le même CAP | Le même CAP |
Pour les périodes en entreprise, les arrêtés propres à chaque CAP donnent un chiffre. Celui de la bijouterie-joaillerie prévoit douze semaines de formation en milieu professionnel dans la préparation du diplôme, et la page de l’Éducation nationale sur la sellerie générale indique elle aussi douze semaines. L’apprenti dépasse largement ce volume puisqu’il travaille en entreprise tout au long de son cycle.
Dans la pratique, l’apprentissage convient à ceux qui apprennent mieux en faisant. Le lycée professionnel convient à ceux qui veulent un cadre scolaire plus continu ou qui n’ont pas trouvé d’entreprise d’accueil.
Combien de temps dure un CAP en apprentissage ?
L’article D337-6 du Code de l’éducation fixe le cadre. La préparation se fait normalement sur un cycle de deux ans. Pour un apprenti, la durée de formation en CFA ne peut pas être inférieure à 800 heures.

Si le contrat est ramené à un an, la formation en CFA doit tout de même atteindre 400 heures. Quand la durée du contrat est réduite de six mois à deux ans, ce minimum de 400 heures est appliqué au prorata. Un contrat plus court n’est donc jamais synonyme d’une formation sans minimum.
Le cycle peut aussi être ajusté. Sur demande du candidat, une fois admis en formation, le recteur d’académie peut raccourcir ou allonger la durée, après l’avis de l’équipe pédagogique. Il tient compte des études suivies, des diplômes obtenus, des compétences professionnelles, des notes déjà acquises et des dispenses d’épreuves. La décision vaut jusqu’à l’obtention du diplôme.
Quand une annonce parle d’un « CAP en un an », demandez sur quelle base la durée est réduite. Le texte ne prévoit pas de raccourcissement automatique : il suppose un parcours antérieur qui le justifie.
Pour la part de la formation passée en CFA, la règle générale du Code du travail est qu’elle ne peut pas être inférieure à 25 % de la durée totale du contrat, sous réserve de ce que fixe l’organisme certificateur du diplôme. Pour un CAP, c’est donc le minimum d’heures du règlement du diplôme qui s’applique en pratique.
Comment un CAP est évalué : examen, blocs et contrôle en cours de formation
Un CAP s’obtient en réussissant un examen ou, en tout ou en partie, par la validation des acquis de l’expérience. Le diplôme est découpé en blocs de compétences, certains professionnels et d’autres relevant de l’enseignement général.
Le mode d’évaluation dépend du statut du candidat. Les élèves des établissements publics et sous contrat, les apprentis d’un CFA habilité et les stagiaires de la formation continue en établissement public passent le plus souvent un contrôle en cours de formation (CCF). Les candidats individuels, l’enseignement à distance, les établissements privés hors contrat et les CFA non habilités passent des épreuves ponctuelles.
Dans tous les cas, le diplôme s’obtient avec une moyenne supérieure à 10/20 à l’ensemble des épreuves. Un bloc noté au moins 10/20 est acquis ; selon les fiches, il donne droit à une attestation.
L’habilitation du CFA est donc une question à poser avant de s’engager. Un CFA habilité évalue l’apprenti au fil du cycle, alors qu’un CFA non habilité le présente à des épreuves terminales, avec des épreuves plus concentrées dans le temps.
Examen en forme globale ou progressive, unités facultatives
Les règles précises de l’examen se trouvent dans l’arrêté de chaque CAP. Celui de la bijouterie-joaillerie en donne un bon exemple : l’examen compte six unités obligatoires et une unité facultative, et le candidat choisit à l’inscription de le passer en forme globale ou en forme progressive.
La forme globale regroupe les épreuves sur une même session. La forme progressive permet d’étaler la validation des unités sur plusieurs sessions. Ce choix intéresse en particulier les adultes qui reprennent un parcours en parallèle d’un emploi, car il évite de tout jouer en une seule fois.
Les unités facultatives complètent l’examen sans conditionner l’obtention du diplôme. Selon les fiches de France Compétences, on y trouve selon les spécialités une langue vivante, les arts appliqués et les cultures artistiques, ou une unité de mobilité. Un candidat les choisit quand elles servent son projet, par exemple pour un métier d’art où la culture du dessin et du design compte.
Un détail utile pour les métiers d’art : certains arrêtés prévoient des passerelles entre options ou entre diplômes. Celui de la bijouterie-joaillerie permet à un titulaire d’une option d’obtenir une autre option en ne passant que l’épreuve professionnelle spécifique à celle-ci, et il reconnaît des résultats obtenus à d’anciens CAP.
Quatre CAP du carnet, pour voir la logique dans le détail
Les fiches de ce carnet décrivent des CAP de métiers d’art et de métiers techniques. Le tableau en rassemble quatre, avec le point qui les distingue. Côté métiers techniques, la fiche du CAP maintenance des véhicules montre comment s’organise l’alternance en atelier de mécanique.
| CAP | Fiche RNCP | Ce qui le distingue |
|---|---|---|
| Art et techniques de la bijouterie-joaillerie | RNCP36336 | Trois options : bijouterie-joaillerie, sertissage, polissage-finition |
| Maroquinerie | RNCP38712 | Spécialité recréée par l’arrêté du 21 novembre 2023, parcours depuis le 1er septembre 2024 |
| Sellerie générale | RNCP39037 | Sièges de véhicules, stores, sangles, bâches, bagagerie |
| Cordonnerie multiservice | RNCP42122 | Sept blocs, dont un entièrement consacré à la clientèle |
Chaque page détaille le diplôme : le CAP bijouterie-joaillerie, le CAP maroquinerie, le CAP sellerie générale et le CAP cordonnerie multiservice.
On y retrouve la même architecture. Deux ou trois blocs professionnels, quatre blocs d’enseignement général, un seuil de 10/20, des voies d’accès identiques. Les dates d’enregistrement changent d’un diplôme à l’autre, ce qui rend utile de relire la fiche avant de s’engager.
Lire une fiche RNCP : la grille de lecture
Chaque CAP est décrit sur une fiche du répertoire national des certifications professionnelles, tenue par France Compétences. Ces fiches se ressemblent, et une fois la grille comprise, on compare deux diplômes en quelques minutes.
- Le niveau de qualification : 3 pour tous les CAP ;
- le certificateur : ici l’Éducation nationale ;
- le code NSF, qui classe la spécialité (243 pour les cuirs et peaux, 223 pour la métallurgie) ;
- le code ROME, qui rattache le diplôme à une famille de métiers et sert à chercher des offres ;
- les blocs de compétences, avec leur intitulé et leur contenu ;
- les modalités d’évaluation, qui distinguent le contrôle en cours de formation et les épreuves ponctuelles ;
- les voies d’accès, où l’apprentissage figure à côté du parcours scolaire ;
- les dates : début des parcours certifiants, fin de l’enregistrement et dernière délivrance possible.
La grille dit aussi ce que la fiche ne dit pas. Celle du CAP bijouterie-joaillerie n’indique aucun prérequis et ne détaille pas de poursuite d’études. Pour ces deux points, la réponse se trouve auprès de l’établissement ou dans le référentiel de l’Éducation nationale.
Les dates d’enregistrement de quatre fiches
Les dates de la fiche indiquent à quelle génération du diplôme on a affaire. Le schéma ci-dessous les rassemble pour les quatre CAP du carnet.

La fin de l’enregistrement n’est pas la fin du diplôme pour ceux qui le préparent. Les fiches précisent une dernière délivrance possible, postérieure de quelques années. Pour la maroquinerie, elle est fixée au 31 août 2031, pour la sellerie générale au 31 août 2029 et pour la cordonnerie multiservice au 31 août 2033.
Si vous commencez un cycle de deux ans, vérifiez que la fiche du diplôme couvre bien la date de votre examen. C’est un contrôle simple, qui prend deux minutes sur le site de France Compétences.
Où mène un CAP de métier d’art ou de métier technique ?
Un CAP vise un emploi d’ouvrier qualifié. Les fiches citent les intitulés suivants, que l’on peut chercher ensuite dans les offres d’emploi.

Ce panorama montre qu’un même code ROME peut couvrir deux diplômes voisins : la maroquinerie et la sellerie générale partagent ainsi le code B1802.
Peut-on préparer un CAP en apprentissage à l’âge adulte ?
Le CAP n’est pas réservé aux jeunes qui sortent de troisième. La fiche officielle de chaque diplôme liste plusieurs voies d’accès : le parcours scolaire, l’apprentissage, la formation continue, le contrat de professionnalisation, la candidature individuelle et la validation des acquis de l’expérience.
Pour un adulte, trois situations sont courantes. La première est la reprise d’un cycle complet, en apprentissage ou en formation continue. La deuxième est la candidature individuelle, qui permet de se présenter à l’examen sans formation, avec des épreuves ponctuelles. La troisième est la VAE, qui permet d’obtenir tout ou partie du diplôme sur la base d’une expérience professionnelle.
La durée peut elle aussi s’adapter. Le Code de l’éducation permet au recteur de raccourcir le cycle sur demande, en tenant compte des diplômes déjà obtenus, des compétences professionnelles et des dispenses d’épreuves. C’est ce qui explique les formations proposées en un an à des publics ayant déjà un parcours.
Les premiers mois d’un apprenti : CFA et entreprise
Le contrat peut débuter avant la formation en CFA, à condition que celle-ci commence dans les trois mois qui suivent le début d’exécution du contrat. La formation pratique chez l’employeur doit elle aussi débuter dans ce délai.
Un candidat qui n’a pas encore trouvé d’employeur peut suivre la formation en CFA pendant trois mois au maximum sans contrat. Ce délai laisse le temps de chercher une entreprise tout en commençant les cours.
Choisir sa spécialité et son centre : les bonnes questions
Avant de choisir une spécialité, regardez ce que fait vraiment un titulaire. Les fiches officielles décrivent les activités, les compétences et les emplois visés, et elles se lisent en dix minutes. Un diplôme dont l’intitulé plaît peut cacher un quotidien très différent de celui qu’on imaginait.
Pour le centre, cinq questions reviennent dans tous les cas :
- L’établissement est-il habilité au contrôle en cours de formation pour ce diplôme ?
- Combien d’heures de formation en CFA sont prévues, au regard du minimum fixé pour le diplôme ?
- Quelles entreprises accueillent déjà des apprentis de cette section ?
- Quel référentiel est enseigné, et à quelle date a-t-il été publié ?
- Quelle date de rentrée et quelle durée de cycle le centre propose-t-il ?
La quatrième question mérite une attention particulière. Plusieurs diplômes ont été rénovés ces dernières années, et une page qui décrit un ancien référentiel peut induire en erreur sur les épreuves ou sur les dates.
Pour découvrir des spécialités voisines, parcourez les rubriques métiers d’art et métiers techniques, ou la rubrique se former en apprentissage.
Autres questions posées sur le CAP en apprentissage
Un CAP en apprentissage vaut-il un CAP passé en lycée professionnel ?
Oui. Le diplôme est le même, délivré par l’Éducation nationale au niveau 3. Seuls le statut, le rythme et parfois le mode d’évaluation changent.
Combien d’heures d’enseignement un apprenti suit-il en CFA ?
Au moins 800 heures sur un cycle de deux ans. Si le contrat est ramené à un an, le minimum est de 400 heures, et il est proratisé pour les durées intermédiaires.
Peut-on faire un CAP en apprentissage sans avoir de CAP avant ?
Oui. Le CAP se prépare en deux ans après la troisième, et la fiche officielle n’impose pas de diplôme préalable. Chaque centre fixe ensuite ses propres conditions de recrutement.
Qu’est-ce qu’un CFA habilité au contrôle en cours de formation ?
C’est un centre autorisé à évaluer les apprentis au fil du cycle, plutôt que par des épreuves finales. Un CFA non habilité présente ses apprentis à des épreuves ponctuelles.
Peut-on raccourcir la durée d’un CAP ?
Oui, sur demande après l’admission. Le recteur peut raccourcir ou allonger le cycle après avis de l’équipe pédagogique, en tenant compte du parcours du candidat.
Faut-il avoir trouvé une entreprise avant de commencer en CFA ?
Pas forcément. Un aspirant apprenti peut suivre la formation en CFA pendant trois mois au maximum sans contrat, le temps de trouver un employeur. Une fois le contrat signé, la formation en CFA et la formation chez l’employeur doivent débuter dans les trois mois suivant le début d’exécution du contrat.
L’examen est-il le même pour un candidat individuel ?
Le diplôme est le même, mais l’évaluation passe par des épreuves ponctuelles, pratiques, orales ou écrites selon le bloc, au lieu du contrôle en cours de formation. Le seuil d’obtention reste une moyenne supérieure à 10/20.
Combien y a-t-il de spécialités de CAP ?
Près de 200, selon le portail Mon parcours handicap. Chaque spécialité a sa propre fiche, son référentiel et ses épreuves.
Gardez enfin à l’esprit qu’un CAP est un premier niveau de qualification. Il vise l’emploi, mais il n’enferme pas : les fiches officielles précisent les conditions de poursuite d’études quand elles existent, et un titulaire peut toujours faire valoir son diplôme comme base d’un nouveau parcours.
Commencez par choisir la spécialité qui vous attire, puis vérifiez sa fiche officielle et les centres qui la préparent. Interrogez enfin les entreprises du secteur, car l’employeur est la moitié du parcours. Pour en savoir plus sur l’auteur de ce carnet, voir la page à propos.
Code de l’éducation, section 1, le certificat d’aptitude professionnelle (articles D337-1 à D337-25-1) ; Code du travail, articles L6211-2 et L6222-12 ; France Compétences, fiches RNCP36336, RNCP38712, RNCP39037 et RNCP42122, par exemple la fiche RNCP36336 du CAP bijouterie-joaillerie.
Ancien professeur de lycée professionnel — qui écrit ici.